Contribution de Cathy Clenet

Travaux en cours

 

Nous cherchons à construire une ingénierie centrée sur les besoins des apprenants, en proposant des parcours de formation individualisés, tout en veillant à développer leur autoformation et à favoriser la co-formation. Notre contexte étant celui de la formation par alternance (apprentissage), nous essayons d’optimiser ce dispositif déjà ouvert par une organisation de  la formation didactique de type « centre de ressources » et en intégrant les NTIC.

L’enjeu étant de mettre en place un dispositif et un accompagnement des apprenants qui doivent favoriser l’appropriation et l’articulation de leurs savoirs (formelles, expérientiels).

 

·        Participation au groupe de travail « expérience et autoformation » :

Je participe depuis plus d’un an maintenant à ces rencontres régulières. Nos discussions, débats, interventions m’aident à préciser cette notion de l’expérience. Persuadée que c’est par ce « biais » que naît et se construit l’autoformation, j’explore ce champ avec le groupe et me laisse guider, porter, transformer, voir influencer par des réflexions autour de l’intuition, l’expérience réfléchie et non réfléchie, sa transformation, le témoignage, la véracité de l’expérience, sa prise de conscience, la notion de  flash existentiel, les moments opportuns de formation

Ces regards anthropologiques sur l’expérience contribuent à enrichir le champ de l’autoformation dans une approche globale existentielle et expérientielle.

 

Perspectives de recherche 

 

J’ai terminé en décembre 2000 un DESS en Stratégie et Ingénierie de formation d’adultes (SIFA) à Tours. Dans ce cadre, j’ai réalisé un mémoire de recherche sur « l’accompagnement de l’autoformation dans la formation par alternance » qui a fait l’objet d’une communication au colloque de Montpellier en décembre 2001 et m’a permis de rentrer au sein du GRAF l’année dernière. J’ai également contribué à la réalisation d’un cahier d’études du CUEEP sur le thème de l’accompagnement à paraître ce printemps 2003.

 

Ces travaux se contextualisent à travers mon activité professionnelle et ma participation au groupe expérience et j’envisage de poursuivre mes recherches dans le cadre plus élargi d’un DEA.

 

Ma problématique est celle de l’accompagnement de l’autoformation. Mon travail dans le contexte de la formation par alternance et le choix arrêté d’une définition de l’autoformation[1] me place dans une démarche globale et transversale de l’autoformation. Si l’autoformation sous-tend autonomie, réflexivité, analyse critique des situations, appropriation des savoirs, éclaircissement du sens, elle s’enracine et prend forme dans de multiples situations de vie, à travers des dimensions didactique, expérientielle et existentielle.

Notre réflexion précise ces dimensions de l’autoformation qui permettent une articulation d’un modèle ternaire enrichi de la formation : l’autoformation s’articulant avec une écoformation, mais également avec une hétéro et une co-formation qu’il faut inventer à travers de nouvelles formes de communication et d’accompagnement.

Bien loin de considérer alors l’autoformation comme une « soloformation », il devient nécessaire d’en définir son accompagnement.

 

L’accompagnement pourrait donc être une posture éducative propice au développement de l’autoformation.

Dans cette perspective, au-delà de « former », il s’agirait d’accompagner les apprenants dans leur propre processus d’autoformation. En effet, le propre de la posture d’accompagnement étant « la centration inconditionnelle sur la personne de l’autre dans sa globalité existentielle»[2], il s’agirait dans cette démarche de développement personnel qu’est la situation de formation, de tout faire pour aider l’apprenant à mobiliser ses propres ressources pour s’approprier le pouvoir sur sa formation. Cheminer à ses côtés pour le confirmer dans ce nouveau sens où il s’engage. L’accompagnement de l’autoformation des apprenants proposerait  une méthodologie centrée sur la production de savoirs et de sens, par et pour l’apprenant.

 

Pour construire « cette véritable pédagogie de la voie et non du modèle »[3], nous aurons besoin de tuteurs, d’enseignants, de formateurs, véritables facilitateurs, médiateurs, conseillers, dont il conviendrait d’en préciser les postures en terme d’accompagnement.

Attitudes, postures ou plus largement fonctions, des pratiques d’accompagnement plurielles certes, mais qui se centrent sur la personne en devenir.

 



[1] Celle de P. Galvani,1999 : l’action du sujet qui se forme en articulant différentes sources de formation

[2] LE BOUEDEC, Guy et DU CREST, Arnaud et PASQUIER, Luc et STAHL, Robert, 2001, L’accompagnement en éducation et formation, un projet impossible, Paris, Défi-Formation L’Harmattan, p.137

 

[3] LHOTELLIER, Alexandre, 2001, postface, in L’accompagnement en éducation et formation, un projet impossible, Paris, Défi-formation l’Harmattan, p. 192